L’EGLISE ET LE CHATEAU DE SAINT-PRIEST AVANT 1450.
CONFERENCE du 3 février 2001 au château de SAINT-PRIEST
Salon CHARLES VII par Lucien Charbonnier.
Avant les années 1990 et la rénovation du château de Saint-Priest, la colline qui porte le principal monument de la commune n’intéressait guère la population et ses édiles. Diverses associations ainsi que le commissariat de police avaient trouvé place dans le bâtiment. Les pièces avaient été aménagées suivant le bon vouloir des locataires. Seul le parc aménagé dans les années 1970 provoquait l’admiration et le respect du public. Le vieux château avait abrité pendant tant d’années tellement d’activités diverses qu’on ne voyait en lui qu’une vieille bâtisse du XIXème siècle sans intérêt. Quoique …
Il existe toujours des esprits curieux qui sentent ou pressentent le mystère et l’inconnu là où d’autres ne voient que banalité.
Un vaste projet de rénovation du château prend forme au début des années 1990 et des travaux importants sont programmés. On se dit que des découvertes vont être faites mais les archéologues sont peu enclin aux confidences. C’est d’abord un chantier de génie civil, alors place aux hommes de terrain : architecte, chef de chantier, il faut démolir pour reconstruire et faire du beau et du moderne.
Fin 1994, les archéologues après quelques hésitations décapent entièrement les murs du château et commencent à découvrir un édifice en partie ancien, médiéval même. La vieille bâtisse sans intérêt devient subitement un maison forte du 15ème siècle, au moins pour ce qui concerne l’aile nord. On se hâte de faire des relevés et puis c’est tout.
Mais il faut que le chantier avance et on démoli donc l’ancienne maison du concierge qui était accolée à l’aile nord et était de construction récente (moins d’un siècle), et là, SURPRISE !
Sous le petit bâtiment apparaissent des structures, des squelettes et surtout une pierre énorme avec des inscriptions, on dirait une stèle gallo-romaine comme on en voit à Fourvière.
Une nouvelle page de l’histoire de Saint-Priest commence à apparaître qui va complètement renouveler nos connaissances sur le passé de la colline du château et nous ouvrir un nouvel espace de travail, de découverte où vont se retrouver tous les san-priods avec des projets et surtout une nouvelle vision de leur ville.
Une étude complète du bâti a été effectuée, des fouilles archéologiques ont été entreprises en mai 1995 sous la partie de l’aile nord démolie puis en février 1996 dans la cour du château.
Que nous ont appris ces fouilles archéologiques ?
LES ORIGINES.
Les rapports archéologiques font état d’une première occupation humaine identifiée comme étant un ensemble de fosses d’extraction de sable et de silo. Des constructions légères en bois devaient également exister à cette époque qui doit se situer entre le IXème et le XIème siècle.
Après leur destruction, le lieu est transformé en cimetière, dans lequel est édifiée une église. C’est un édifice à nef unique, dont l’abside est inscrite dans un chevet plat. Ses murs épais sont bâtis en galets liés par un mortier blanc résistant. Les fondations du chevet utilisent comme matériaux divers blocs d’origine antique, dont la superbe stèle funéraire de l’enfant Jules Victor, décédé à l’âge de dix ans.
L’église servit de lieu de sépulture et les inhumations se poursuivirent autour d’elle. Grâce au mobilier funéraire des tombes (vases et agrafes de linceul), il est possible d’envisager une datation de l’église vers le Xème siècle, ce qui en fait l’une des plus anciennes conservées dans le département. Les vases les plus tardifs enfouis avec les morts appartiennent au XIIIème siècle.
A partir de ces premières constations, on peut effectuer différentes hypothèses.
La première correspond à la découverte de l’objet le plus ancien : la stèle gallo-romaine.
Magnifique découverte que ce bloc de près de deux tonnes avec une inscription très bien conservée. Elle peut être datée du IIème siècle de notre ère.
Comment cette pierre est elle venue ici ? A-t-elle été déplacée ?
Nous sommes dans l’ignorance la plus totale sur l’origine du bloc mais la conclusion quasi officielle est de lui trouver une provenance extérieure au site et son transport sur la colline à une date indéterminée.
Plusieurs passages d'un texte ont été retrouvés gravés dans le bloc, certains morceaux à peine lisible. Une référence au Xème cercle est visible ainsi qu'une gravure encore en bonne état d'une table ronde.
Nous pouvons aussi émettre une idée : la colline du château était dès l’origine une bibliothèque, un site voué à la rencontre d'un de ces Cercle d'influence, que certains histoiriens ont dénommé les 10 Cercles d'influence. Notre colline
Des sites gallo-romains ont été repérés sur les pentes au nord côté village, rues du Payet et Gambetta ainsi qu’une tombe à incinération du 2ème siècle rue Johanny-Berlioz et au sud à Sayte et Bel Air. Notre colline aurait ainsi pu abriter les restes des habitants vivant à proximité, dans un rayon de quelques centaines de mètres. Dans ce cas, la stèle de JULIUS VICTOR et ses parents n’aurait pas bougé depuis des siècles. Les documents découverts pourraient ainsi être considérés comme les plus anciens « preuves» de l'existence des ces sociétés secrètes.
Les quelques notes se rapportant à cette époque parlent d'intervention de Cercle dans la politque séculaire, sorte d'expression du pouvoir de la société.
Chaque Cercle a eu son utilité à chaque moment de l'histoire et il semblerait que cette époque soit propice à l'apparition du IIème cercle, qui précéda le premier Cercle dont peu de vestiges y faisant référence ont été retrouvés en final. Cette découverte nous almène à nouveau à penser que les sociétés secrètes avaient un importanfce non négligeable au Xème siècle.
D’autres recherches archéologiques entreprises en France ont apporté des résultats intéressants et complémentaires sur ces fameux groupesments d'influence.
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